Votation du 26 avril, non à la LAFE

A toutes et tous au sein des services publics

Le 26 avril, le peuple fribourgeois votera sur la loi sur l’assainissement des finances de l’État (LAFE). Pour la FEDE, il est important de détailler notre prise de position contre cette LAFE.

Le PAFE : 8 mesures d’économies 

A contrario de ce qui a été dit lors de la conférence de presse des partisans du OUI, le fameux programme d’assainissement des finances, le PAFE – au départ – contenait au total huit mesures d’économies prévues sur le dos du personnel de l’État.

Deux mesures ont été supprimées lors de la révision du PAFE après la procédure de consultation.

Quatre mesures sont déjà entrées en vigueur parce qu’elles relèvent entièrement de la compétence du Conseil d’État. Il s’agit :

  • du renoncement aux mesures de pénibilité,
  • de la suppression des primes de reconnaissance,
  • du gel des indemnités pour horaires spéciaux, dont certaines n’ont plus été réindexées depuis plus de vingt ans,
  • du moratoire sur la réévaluation des fonctions.

Et dans la LAFE, il ne reste pas moins de deux mesures qui continuent de peser directement sur les intérêts du personnel, et cela pour au moins trois ans. Il s’agit du renoncement à l’indexation des salaires, et du décalage de l’augmentation du palier. 

Alors oui, ces coupes, ce ne sont pas des lignes abstraites dans un tableau Excel. Elles ont déjà un impact très concret sur votre quotidien des collaboratrices et collaborateurs, sur votre travail, vos conditions, votre progression professionnelle et votre reconnaissance.

Bref : sur votre réalité de tous les jours et sur votre avenir.

Des répercussions aussi sur les services publics

À cela s’ajoutent des mesures qui touchent directement les services publics. Pensons par exemple au gel des PIG (prestations d’intérêt général, lesquelles rémunèrent notamment le travail infirmier) dans les hôpitaux, un gel qui a des effets mécaniques sur les conditions cadres du personnel.

Nous savons tous et toutes que lorsqu’un hôpital doit faire des économies sachant que la masse salariale représente la dépense principale, nul besoin de faire un dessin pour comprendre que les coupes s’opèrent principalement sur l’organisation des services et de facto sur un affaiblissement en matière d’effectifs. Pour rappel, en 2025, pas moins de 90 EPT en départ naturel n’ont pas été remplacés.

 Le slogan édité par la FEDE en décembre 2024 lors de sa fenêtre de l’Avent continue à prendre tout son sens : Un hôpital c’est bien, avec du personnel c’est mieux !

 

Une représentation du « fonctionnaire » qui ne reflète plus la réalité

Il faut aussi le dire clairement, parce que cela fait trop longtemps que cela dure : cette idée du fameux « fonctionnaire » privilégié, bien payé, à l’abri de tout… C’est une représentation qui relève davantage du fantasme que de la réalité. Et pourtant, cette image collée à la peau du collaborateur de la collaboratrice continue de circuler, comme un mythe tenace véhiculé par celles et ceux qui n’ont aucune idée des responsabilités, des charges et des contraintes que supportent les employé×es de l’État. Pire encore, elle se retrouve ravivée par le dépôt d’une motion proposant l’introduction d’un salaire au mérite en lieu et place du système salarial actuel. 

Pour la FEDE, cette perception est tout simplement inacceptable et profondément injuste envers celles et ceux qui s’engagent chaque jour avec cœur et loyauté au service de la population.

 

Un contexte économique plus lourd pour tout le monde

Ce débat intervient dans un contexte où absolument tout augmente : les primes d’assurance-maladie, l’alimentation, l’électricité, les carburants, les taxes de toutes sortes, etc., la liste est longue !

Dans cette situation particulièrement tendue, il est essentiel que les actrices et acteurs de ce canton puissent faire valoir leurs droits politiques. Et qu’ils puissent s’opposer à de nouvelles coupes budgétaires jugées déséquilibrées ou injustes. 

Il faut aussi rappeler que, durant les vingt dernières années, le personnel de l’État a subi à deux reprises des coupes salariales — alors même que le canton affichait des résultats comptables largement positifs. Et jamais il n’y a eu de retour d’intérêt.

 

Rendre visible le rôle central du personnel de l’État

Enfin, il y a un point fondamental : les personnes qui font vivre les services publics, chaque jour, ce sont les collaboratrices et collaborateurs de l’État-employeur.

Sans eux, il n’y a tout simplement pas d’enseignement, pas de soins, pas de sécurité, pas de services techniques, pas de services administratifs. Rien de tout cela n’existe sans votre travail quotidien.

Ces fonctions constituent le socle de la cohésion sociale, au sein d’un canton qui, rappelons-le, dispose aujourd’hui d’une situation financière très confortable, avec une fortune dépassant les 590 millions de francs.

Conclusion 

Voilà pourquoi le 26 avril prochain, la FEDE vous invite à voter NON à la LAFE.

Cette loi d’assainissement touche des personnes, des professions, des services essentiels, et au fond, la manière dont nous concevons la mission des services publiques dans ce canton.

Votez et faites voter !

Isabelle Castella, Présidente FEDE